Chine : durcissement pour la tech

L’Administration d’État pour la régulation des marchés (SAMR) chinoise a publié mardi un projet de réglementation du secteur des entreprises internet qui vise à empêcher la concurrence déloyale et à mieux encadrer de l’usage des données des utilisateurs.

Pékin a commencé ces derniers mois à renforcer le cadre réglementaire dans lequel opère l’économie en ligne chinoise dans le but affiché de freiner les pratiques anticoncurrentielles. Dans ce contexte, les autorités ont infligé de lourdes amendes sens à des entreprises telles que le géant du commerce en ligne Alibaba et celui des réseaux sociaux Tencent.

Les valeurs chinoises du secteur cotées à Hong Kong ont reculé en Bourse après la publication du projet de réglementation: la plate-forme de vidéos Bilibili chutait plus de 5%, tandis que Tencent, Alibaba et le service de livraison de nourriture Meituan perdaient respectivement 3,5%, 2,6% et 1,4%.

Les plates-formes “ne doivent pas mettre en œuvre ou aider à mettre en œuvre une concurrence déloyale sur Internet, perturber l’ordre de la concurrence sur le marché, affecter les transactions équitables sur le marché”, explique la SAMR dans le projet publié sur son site internet.

Le régulateur estime aussi que les opérateurs commerciaux ne doivent pas utiliser les données de leurs utilisateurs et clients ou des algorithmes pour détourner le trafic ou influencer les choix des utilisateurs.

Le projet est ouvert aux commentaires publics jusqu’au 15 septembre. (Reportage Josh Horwitz et Brenda Goh à Shanghai; version française Kate Entringer, édité par Marc Angrand).

Concurrence renforcée

Le texte à l’étude interdit notamment l’utilisation d’algorithmes ou de faux avis pour promouvoir des biens et des services. Au nom de la concurrence, il rend par ailleurs illégal le recours à des moyens techniques qui empêchent l’interopérabilité entre des services concurrents. En Chine, certains systèmes de paiement sont par exemple exclus des apps d’e-commerce, appartenant à un groupe rival. Et des plateformes vidéo bloquent le partage de contenus vers des réseaux sociaux concurrents.

Régulation des monopoles

Aucun secteur n’est épargné : après le e-commerce, les applis VTC, les jeux vidéo, les activités extra-scolaires en streaming, l’annonce de ce mardi vient compléter les deux objectifs principaux de cette réforme à marche forcée. D’abord, le contrôle des données des utilisateurs et le détournement du trafic via les algorithmes par les plateformes ; ensuite, la réduction des monopoles et de ce que l’administration d’État pour la régulation des marchés considère comme « la mise en œuvre d’une concurrence déloyale sur internet » selon le communiqué publié ce mardi. Cette régulation des monopoles avait été en partie annoncée par Li Keqiang à l’ouverture de l’Assemblée nationale populaire en mars dernier. Le développement des PME étant inscrit dans les priorités du plan quinquennal. 

Les géants chinois de l’internet

Ils ont été malmenés mardi à la Bourse de Hong Kong, le poids lourd du e-commerce Alibaba cédant près de 5%, après un nouveau durcissement en vue dans le secteur du numérique.

Le régulateur chinois du marché a rendu public mardi les grandes lignes d’une réglementation, destinée à lutter plus efficacement contre la concurrence déloyale sur internet.

Les entreprises technologiques sont spécifiquement visées par ces règles qui viennent compléter ou préciser une législation, parfois trop vague en matière de numérique et de commerce en ligne.

Le texte à l’étude interdit notamment l’utilisation d’algorithmes ou de faux avis pour promouvoir des biens et des services. Au nom de la concurrence, il rend par ailleurs illégal le recours à des moyens techniques qui empêchent l’interopérabilité entre des services concurrents.

En Chine, certains systèmes de paiement sont par exemple exclus des applis de e-commerce, appartenant à un groupe rival. Et des plateformes vidéo bloquent le partage de contenus vers des réseaux sociaux concurrents.

Le régulateur des marchés n’a pas précisé quand cette nouvelle réglementation entrera en vigueur.

Mais la nouvelle a fait dévisser mardi à Hong Kong les actions des principales entreprises chinoises de la tech. Le champion du e-commerce Alibaba a terminé en baisse de 4,77%, tandis que son rival JD.com a plongé de plus de 5%.

Le géant des jeux vidéo Tencent a quant à lui perdu 4% et son concurrent NetEase a cédé plus de 5%.

Les autorités se montrent ces derniers mois particulièrement intransigeantes contre les géants du numérique, pour des pratiques jusque-là tolérées et largement répandues.

Plusieurs mastodontes du secteur ont ainsi été épinglés en matière notamment de données personnelles, de concurrence et de droits des utilisateurs. Pékin a depuis étendu sa campagne de “rectification” à d’autres secteurs dont les très lucratifs cours de soutien privés ou la livraison de repas.

Recul de la bourse

Ce projet de règlement a de nouveau fait trembler la bourse de Hong Kong, faisant dégringoler les actions de la plateforme de vidéo en ligne Bilibili (-5%), du roi des jeux vidéo en ligne Tencent (3,5%), du géant du e-commerce Alibaba (-2,6 %) ou du numéro un de la livraison de plats préparés Meituan (-1,4%). Elle inquiète aussi les investisseurs. Le japonais Softbank qui détient 24 % des parts d’Alibaba a annoncé il y a une semaine qu’il allait faire une pause dans ses investissements en Chine, en attendant que la situation réglementaire « devienne plus claire. »

Tour de vis

Les autorités se montrent ces derniers mois particulièrement intransigeantes contre les géants du numérique, pour des pratiques jusque-là tolérées et largement répandues. Plusieurs mastodontes du secteur ont ainsi été épinglés en matière notamment de données personnelles, de concurrence et de droits des utilisateurs. Pékin a depuis étendu sa campagne de «rectification» à d’autres secteurs dont les très lucratifs cours de soutien privés ou la livraison de repas. Et la Chine va «durcir» ces cinq prochaines années la réglementation dans de vastes pans de son économie, a fait savoir la semaine dernière le gouvernement.