Réseaux sociaux : des menaces de mort

Un homme de 21 ans a été interpellé dans le Val d’Oise pour menaces de mort et de viol, après une grande mobilisation des internautes.

Tout commence par un tweet de @toomuchlucile2. Le 13 août, la jeune fille, épuisée par le harcèlement qu’elle subit, rend public des messages vocaux reçus sur Instagram. Un homme menace depuis plusieurs semaines de la violer et de s’en prendre à sa famille.

Lucile dit avoir été contactée par cet homme via «une quarantaine de faux comptes» sur Instagram. A la seconde où elle signalait ou bloquait un compte, le harceleur s’en créait un nouveau. «Tu peux porter plainte, je sais comment ça marche, je serai toujours dehors», lui a-t-il assuré. «Là, si j’arrive, je te vois, je t’égorge, je te viole, je sais que je ne prendrai jamais 20 ans» de prison.

Menaces de viol et menace de mort

La jeune femme, tout juste majeure, explique que le conflit commence par un message d’insulte au mois de juin, comme le rapporte France Bleu. Le jeune homme revient à la charge un mois plus tard et se fait de plus en plus insistant et menaçant. “Ose venir, je t’attends.”

Dans les messages publiés par la jeune femme on peut entendre : “Toi je t’attrape, je vais te violer, je vais massacrer ta famille”.

D’autres jeunes femmes parlent, le jeune homme se rend

Des jeunes femmes témoignent avoir subi le même type de harcèlement de la part de cet homme de 21 ans. Les internautes fouillent la vie numérique du suspect, tentent d’entrer en contact avec lui. Certains trouvent l’adresse de sa famille et la rendent publique.

D’autres interpellent les autorités, la police, Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, Éric Dupont-Moretti, le ministre de Justice ou encore Marlène Schiappa. La police nationale se saisit de l’affaire et confie d’abord l’enquête à Pharos, la plateforme de signalement du gouvernement.

Devant la tournure des évènements, le suspect de 21 ans se rend finalement de lui-même au commissariat où il a été interpellé, a confirmé la police du Val-d’Oise à France Bleu Paris. Sur Twitter les autorités demandent de ne pas gêner les investigations.

Les internautes retrouvent l’adresse du suspect.

Suite à la publication de ce thread, plusieurs jeunes femmes sont sorties de l’ombre et ont indiqué avoir subi des formes de harcèlement similaire de la part du jeune homme de 21 ans. La publication est partagée plus de 28 000 fois sur Twitter, y compris par la ministre Marlène Schiappa. Les internautes se sont mobilisés afin de trouver des informations sur le suspect, telles que l’adresse de sa famille, qu’ils ont rendu publique. D’autres ont interpellé les autorités. La police nationale s’est saisie de l’affaire, mais face à la tournure des événements, le suspect se rend de lui-même aux autorités, d’après des informations de France Bleu Paris.

“L’individu a été interpellé et est actuellement dans des locaux de police. Nos enquêteurs sont pleinement mobilisés sous le contrôle du parquet. Merci de ne pas gêner leurs investigations”, a répondu le compte Twitter de la Police nationale aux multiples sollicitations des usagers du réseau social. Le jeune homme, âgé de 21 ans, “s’est présenté de lui-même au commissariat”, a précisé à l’AFP une source policière. Une enquête pour “menaces de mort” a été ouverte, a indiqué le parquet de Pontoise.

Une réponse de la Police nationale en commentaire

Partagés par milliers, des commentaires de soutien et de femmes ayant reçu des menaces de cet individu fusent dans les réponses de son tweet. Dans un vocal, l’homme en question admet d’ailleurs : « C’est vrai, j’ai harcelé toutes mes ex-copines. Je les ai violées après, je leur ai fait la misère. »

Face à l’ampleur, moins d’une heure après avoir posté son tweet, le compte de la Police nationale répond : « Bonsoir, nous venons de vous envoyer un message en DM. » Le lendemain, le samedi 14 août, la Police nationale a indiqué, toujours sur Twitter, que l’individu a été interpellé. D’après France Bleu Paris, face à l’emballement sur les réseaux sociaux, le suspect se serait rendu de lui-même au commissariat. La police demande aux internautes de « ne pas gêner leurs investigations ».

D’autres femmes témoignent contre le jeune homme

Le témoignage de la jeune femme est finalement partagé de nombreuses fois sur Twitter et déclenche une immense vague de soutien sur le réseau social. D’autres victimes se livrent et racontent avoir également subi le même type de harcèlement de la part du jeune homme.

De nombreux internautes interpellent alors la police, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti ou encore Marlène Schiappa, qui partage, elle aussi, la publication. « Merci pour votre vigilance collective et vos nombreuses alertes ! » déclare-t-elle, précisant que la police nationale est déjà mobilisée.

Face à la réaction des internautes, le jeune homme s’est finalement rendu au commissariat et a été interpellé. La police nationale, qui s’est saisie de l’affaire, a confié l’enquête à la plateforme de signalement du gouvernement Pharos. « Ne gênez pas les investigations en cours », a-t-elle par ailleurs réclamé sur Twitter, alors que certains sont allés jusqu’à retrouver l’adresse personnelle de l’individu et à la rendre publique.