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Tinder : vérification de l’identité de ses utilisateurs

Tinder, c’est l’application de rencontres en ligne la plus populaires au monde. Le leader mondial du secteur devant des mastodontes comme Bumble ou Hapn est présent dans le domaine depuis près d’une décennie, et a atteint une importance telle qu’il peut agir comme un acteur sociétal – comme on l’a vu avec sa promotion de la vaccination -. Malheureusement, l’applications doit faire aussi face à des problèmes gênants, parmi lesquels la création de faux profils. Un problème lancinant, contre lequel la firme américaine pourrait bien sortir les gros moyens, changeant à terme la façon de s’authentifier sur l’application !

En effet, 9to5mac nous apprend que Tinder va introduire une nouvelle façon de s’authentifier qui passera par la présentation d’une pièce d’identité – passeport, carte d’identité ou permis de conduire -. Cette fonctionnalité, déjà présente au niveau du Japon, va être développée dans l’ensemble des autres pays où Tinder est présent. Elle sera pour le moment optionnelle, même si l’application ne s’interdit pas de rendre à terme nécessaire cette étape pour avoir accès à ses services. Et vous, seriez-vous prêt à scanner votre passeport pour pouvoir swipe droit ou gauche afin de trouver l’amour ?

Tinder déclare la guerre aux faux comptes

Dans ces conditions, Tinder s’est rapproché d’experts locaux basés dans différents pays. Ces experts vont conseiller Tinder sur la meilleure manière d’implémenter la fonctionnalité en fonction des contraintes locales. “Créer une solution vraiment équitable pour la vérification de l’identité est un projet de sécurité difficile, mais critique, et nous nous approchons de nos communautés ainsi que d’experts pour nous aider “, poursuit le communiqué de Tinder.

“Nous adoptons une approche de test et d’apprentissage pour le déploiement de l’option. Nous savons que l’une des choses les plus précieuses que Tinder puisse faire pour que ses membres se sentent en sécurité est d’améliorer la confiance que leurs matchs soient authentiques”, affirme Tracey Breeden. Sans surprise, la fonctionnalité a été pensée pour empêcher des internautes de créer de faux comptes sous des noms d’emprunt et avec des photos factices.

Dans la même optique, Tinder a lancé en 2020 une option baptisée « Vérification de profil » qui permet de prouver l’authenticité des photos mises en ligne. Pour ça, l’application demande de fournir une série de selfies. Avec la vérification des cartes d’identité, Tinder va encore plus loin.

Le volontariat pour débuter

Selon Tinder, la vérification d’identité sera dans un premier temps facultative. Pas d’inquiétude donc, si vous ne disposez ni de votre carte d’identité ni de votre passeport pour le moment : votre profil ne sera pas supprimé. Il conviendra néanmoins de faire les démarches nécessaires pour obtenir les documents nécessaires à temps, car il n’est pas exclus que le contrôle devienne un jour obligatoire.

Pour le moment, on ne sait pas exactement quand cette solution sera mise en place en France. Les développeurs de l’app de dating n’ont d’ailleurs pas non plus précisé quel sera leur partenaire à cette occasion. Il est toutefois probable que le service privilégié ici soit similaire à celui proposé par des entreprises comme Onfido. Un gage de confiance sur lequel misent déjà de grands noms de la Silicon Valley tels qu’Apple.

Un procédé qui pose des questions sur la vie privée

Mais voilà, aussi louable que soit la démarche de Tinder, elle pose quelques questions quant à la vie privée des internautes. Si Tinder assure s’être entouré de plusieurs experts pour déterminer la manière la plus sécurisée et confidentielle de procéder à ces vérifications, ce sont sans doute des informations que les utilisateurs ne sont pas vraiment enclins à partager. Dans son communiqué, Tinder ne précise d’ailleurs pas ce qu’il adviendra de ses données récoltées. Il faudra sans doute patienter jusqu’au déploiement de l’outil pour en avoir le cœur net.

Que faire des informations récoltées ?

Si l’arrivée de cette option pourrait mettre fin à la prolifération de nombreux faux comptes (et encore, les faux ne coûtent que quelques centaines d’euros sur le darknet), elle risque aussi de susciter de nombreuses interrogations chez les internautes. En effet, avec des données personnelles telles que le nom de famille, le prénom ou l’adresse, Tinder disposera alors d’atouts pouvant se revendre très chers associés à des statistiques comportementales. Cible : les annonceurs.

Enfin, ce sont les questions liées à l’identité même des utilisateurs qui s’avèrent hasardeuses. Que faire dans le cas de figure où un permis de conduire ne reflète pas avec justesse le genre d’une personne ? À l’heure où les esprits s’éveillent, le débat apparaîtrait légitime.

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